Le théâtre de l’Odéon au cœur de l’histoire
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En 1782, les architectes Marie-Joseph Peyre et Charles de Wailly livrent aux Comédiens ordinaires du Roi, le premier théâtre monumental de la capitale. Le bel édifice néoclassique sera très vite pris dans la tourmente révolutionnaire. Le triomphe du Mariage de Figaro fera scandale dès 1784. Et quand la révolution éclatera, la troupe se déchirera entre monarchistes et révolutionnaires, entrainant la fermeture du théâtre sous la Terreur.
C’est en 1796 que la salle, jusqu’alors appelée « Théâtre-Français », prend le nom d'Odéon, de l'antique « Odeum », lieu où l'on chante et où l'on déclame. Le bâtiment subira de graves incendies en 1799 et 1818 qui justifieront sa reconstruction. Un temps privatisé, il redeviendra théâtre public à partir de 1819, une ordonnance royale l’assimilant à la Comédie-Française.
Au cours du XIXe siècle, la salle sera un hauts-lieu du théâtre romantique. Elle accueillera également les premiers triomphes de Sarah Bernhardt. Puis, dans la première moitié du XXe siècle, de grands noms se succèderont à sa tête : André Antoine, Firmin Gémier ou Jean-Louis Barrault.
En Mai 68, l'Odéon est envahi par les étudiants. Le gouvernement recommande de laisser faire et de discuter. Il en résulte un mois d'occupation qui coûtera finalement sa place à Jean-Louis Barrault. A l’issu de cette crise, le théâtre fermera plusieurs mois pour d'importants travaux de réfection. A sa réouverture, l’Odéon deviendra un centre expérimental dramatique, chorégraphique et lyrique.
En septembre 1971, l'Odéon, promu Théâtre national, est consacré à la création et à la recherche. A ces missions s’ajoute depuis 1990, celle de Théâtre de l’Europe, chargé de « vivifier le patrimoine dramatique de l'Europe ».
A la fois théâtre institutionnel et lieu de contestation, conservatoire de la tradition et fer de lance de la création d’avant-garde, l’Odéon a vécu au rythme des soubresauts de l’histoire. Il est aussi devenu le lieu où se sont écrites quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du théâtre.

