Les jardins romantiques à l’honneur
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Les romantiques avaient découvert le sublime dans la nature, et voulaient en profiter dans leur jardin. Dès le milieu du XVIIIe siècle, les paysagistes abandonnèrent les tracés rectilignes du Grand siècle, pour les lignes courbes et les accidents de terrains opportunément disposés dans des compositions savantes, recréant ainsi de charmants sous-bois ou de faux bocages.
Le goût des ruines conduisit les architectes à en reconstituer de toutes pièces, afin de faire coïncider le paysage du jardin avec les toiles que les peintres ramenaient de leurs voyages en Italie. Avec Ivanhoé et les romans gothiques, la mode se tourna vers les constructions médiévales. Ces pavillons, appelés également fabriques, pouvaient revêtir l’aspect de chaumières ou de moulins, autant de bâtiments au charme rustique destinés à abriter les loisirs d’une société raffinée.
Pittoresque, « qui est digne d’être peint », est le mot qui revient le plus souvent pour parler de ces jardins. Destinés à recréer l’effet produit par la nature sur l’âme humaine ou à exhaler la poésie d’un lieu, ces créations paysagères étaient souvent le fait de peintres. Aussi trouve-t-on autant de jardins romantiques autour des belles demeures, qu’accrochés aux cimaises des galeries.
Si Hubert Robert, à la fois peintre et paysagiste, donna à la France quelques un des plus beaux jardins romantiques, à Méréville comme au Trianon, le genre reste avant tout anglais. La Grande-Bretagne en fut le berceau et le lieu où il connut le plus grand développement, tant en peinture qu’en paysagisme.

